Paris capitale de l'Europe
Attroupement sans précédent le 1er juillet au soir sur le pont du Trocadéro, pour voir la Tour Eiffel revêtir sa robe bleue à étoiles d'or, alors qu'on célébrait le début de la présidence française de l'Union européenne qui commence en juillet pour six mois.
L'un des monuments les plus anciens et les plus visités au monde, la Tour Eiffel garde une fascination intacte et l'on ne sait plus si l'on doit louer ses formes toujours audacieuses malgré son grand âge, ou l'ingéniosité de ceux qui la mettent en valeur. C'est depuis le tournant du millénaire quelle revêt toutes les heures, pendant dix minutes, sa robe de lumières clignotantes, synthèse hardie entre la sage robe de mariée et la robe de bal à strass et paillettes.
Cette fois, c'est Areva qui paie la couleur bleue - couleur de l'énergie, couleur du compteur bleu - et les étoiles européennes sont là comme un prétexte. Au fait, je ne les ai pas comptées et n'ai pas vérifié si l'étoile irlandaise était encore allumée.
Mais au-delà de la fascination, qui manque de provoquer des accidents de la circulation avec des piétons qui s'immobilisent bouchée bée au milieu des passages cloutés, des automobilistes qui s'arrêtent sans prévenir pour prendre des photos, une foule qui avance la tête en l'air sans regarder les feux tricolores, la vraie question est dans la symbolique.
Paris célèbre-t-elle la présidence française de l'Union - d'où la Liberté de Delacroix triomphant sur la façade de l'Assemblée nationale - ou plutôt la présidence européenne d'un pays désormais plus tourné vers ses voisins ? Au-delà de l'incantatoire, il est trop tôt pour dire si cette présidence laissera une trace dans la construction européenne. Au moins aura-t-elle ajouté une parure à la garde-robe de la Tour Eiffel !