Si les candidats actuels à la présidentielle ne font pas l'erreur de Jospin en 1992 qui visait directement le second tour en oubliant le premier, et sont effectivement mobilisés pour se placer dès le premier, il ne faudrait pas perdre de vue que Nicolas Sarkozy est objectivement le mieux placé, quelle que soit l'issue du second tour, pour remporter le troisième tour, celui des législatives.
Si l'on considère les trois candidats les plus crédibles aujourd'hui, Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, un seul dispose d'un appareil de parti très structuré, l'UMP, et dont il tient fermement les commandes. Comme il est encore, et pour quelques jours, ministre de l'Intérieur, il a certainement fait en sorte que les investitures aux législatives soient systématiquement favorables à l'UMP par rapport à d'éventuels alliés. Et cela lui est d'autant plus facile que l'UDF a revendiqué son indépendance et semble rouler de plus en plus en collision frontale contre l'UMP pour les présidentielles. Une UDF, paradoxalement, qui serait mal outillée pour transformer son essai aux législatives même si Bayrou gagnait les présidentielles, dans l'état actuel de son parti.
A gauche, le paysage est préoccupant : avec la dispersion des écologistes, les divisions internes des communistes et son propre essoufflement, le parti socialiste est dans la situation paradoxale où, quelle que soit l'issue des présidentielles il aura dans tous les cas de figure du mal à dégager une majorité aux législatives, face à un challenger puissamment armé avec l'appareil de l'UMP.
Circonstance aggravante, la structure très informelle de "Désirs d'avenir", restée parallèle à celle du PS, ne survivrait que difficilement à la présidentielle même en cas de victoire, aujourd'hui moins évidente, de Ségolène Royal. Le PS aura difficilement le temps de faire un congrès entre avril et juin et c'est donc François Hollande qui devrait mener la bataille des législatives en cas d'insuccès de la candidate de gauche, à la tête d'un troupeau d'éléphants certainement refroidis. Un cas qui, évidemment, susciterait l'opposé d'une "marée rose" au troisième tour, cela va sans dire.
Maintenait, si l'on considère que rien n'est joué et que les instituts de sondage peuvent se tromper complètement, ce qui s'est déjà avéré dans le passé, la "machine à gagner" de Ségolène peut encore étonner. Elle l'a déjà fait en surprenant tout le monde aux primaires du PS. On connaît mal le vote des jeunes, celui des banlieues, on sous-estime le vote des femmes et l'effet des restructurations industrielles sur une large population d'ouvriers, d'employés et de cadres. L'inquiétude dans le camp sarkozyste vient précisément de cette incertitude à cerner ces couches d'électeurs plus transverses que traditionnelles - et bien sûr les nouveaux électeurs.
Mais pour conserver toutes ses chances à la gauche, au moment où les états-majors élaborent des stratégies de rechange pour contrer "l'hypothèque Bayrou", hésitant entre l'attaquer frontalement et ne pas agresser ses électeurs, la seule voie politiquement pertinente serait de ne pas changer de cap. Séduire le centre n'aura d'autre effet que de conforter la position de Bayrou auprès de ses nouveaux sympathisants. A l'inverse, adopter aujourd'hui un visage plus social-démocrate que socialiste serait pour le PS perdre toute chance et toute légitimité à rassembler les voix de gauche au troisième tour.
Conclusion, il faut d'urgence réinventer le slogan de la manif anti-Le Pen de 2002, qui accessoirement avait contribué à la victoire de Chirac : "première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d'immigrés", et refaire l'unité de la gauche sur slogan déterminé et sans ambiguïté : "premier, deuxième, troisième tour des élections, c'est bien à gauche qu'on a la solution !"
Venez ts sur mon blog politique pour affirmer vos idées et dire ce que vs pensez sur tels ou tels sujets. Ce blog a reçu de nombreuses modifications, vous allez être surpris!! N'oubliez pas de mettre un maximum de commentaires car si nous voulons que nos idées gagnent, il faut les affirmer!! Merci d'avance et bonne visite à ts!!!! tapez: moysos.skyblog.com
A bientôt, Anaïs
Rédigé par : moysos | 11 mars 2007 à 03:19
Chère Anaïs, chère Tiphaine, c'est vrai que votre blog est rafraîchissant : beaucoup de couleurs, des photos de Sarko jeune, la séquence vidéo où Ségo est piégée sur l'indépendance de la Corse, une autre séquence irrésistible où on entend des supporters crier "Sarko président" : ça vaut la visite... Mais je suis d'accord avec vous, je trouve qu'il devrait être enrichi de commentaires car pour l'instant il est plus un blog de "groupie" qu'un blog politique. En tous cas c'est un très bon début, et les fan clubs, il en faut pour donner du tonus à une campagne. En attendant, vous avez été peut-être trompées par le titre de ma note, mon blog n'est pas précisément sarkozyste ! Cordialement, Pierre
Rédigé par : pierre bayle | 11 mars 2007 à 08:54
"les instituts de sondage peuvent se tromper complètement, ce qui s'est déjà avéré dans le passé"
Les instituts de sondages ne font qu'un chose : réfléter à un instant T une vision de la situation. Que je sache aucun institut de sondage ne prétend être une voyante de l'avenir. C'est comme si je fais une prise de sang à un moment donné qui me donnera mon état de santé à ce moment là mais ne peut en rien prévoir mon état de santé future.
L'art des sondages n'est en rien un art divinatoire.
Si les sondeurs ont du mal à représenter quelque chose de trés proche de ce qui ve se passer, je n'en suis que plus heureuse : cela signifie que la démocratie est vivante et que le peuple fait des choix selon ses intimes convictions.
Rédigé par : olive | 11 mars 2007 à 18:16
Chère Olive, j'avoue que la comparaison est intéressante : moi-même je choisis le meilleur moment après quelques jours de régime maigre pour faire mes analyses de sang périodiques, afin d'en influencer positivement le résultat. Mais ce n'est pas mettre en cause le professionnalisme des instituts de sondage que de contester la véracité du reflet qu'ils donnent : ils reconnaissent volontiers que certaines catégories sont difficiles à joindre, et que le sondé exprime plutôt une sympathie qu'une réelle intention de vote. Tout récemment, il m'est arrivé d'envoyer balader (aimablement) un organisme qui prétendait me sonder par téléphone à une heure tardive : peut-être ai-je été classé NSP (ne se prononce pas) ? Votre site est intéressant, j'y retournerai avec plaisir.
Pierre
Rédigé par : pierre bayle | 12 mars 2007 à 13:56
Les sondages sont une photographie, un instantané qui cherche à saisir une certaine réalité. Il y a d'ailleurs eu une trés bonne émission de C dans l'air sur les instituts de sondages:
http://www.france5.fr/STATIC/video/index-fr.php?titre=C'est%20dans%20l'air%20en%20vid%E9o&url=mms://a533.v55778.c5577.e.vm.akamaistream.net/7/533/5577/42c40fe4/lacinq.download.akamai.com/5577/internet/cdanslair/cdanslair_20070305.wmv§ion=programmes_cdanslair&rubrique=video
Merci pour le commentaire positif sur mon site.
Rédigé par : olive | 12 mars 2007 à 16:05
Pour moi, il tombe sous le sens que, si Ségolène gagne, elle devra redistribuer toutes les investitures au sein du P.S. C'est à ce prix qu'elle concrétisera son succès en gagnant les législatives.
En particulier, elle devra s'assurer que les investitures soient accordées aux femmes afin qu'une forte proportion de femmes soient effectivement élues.
Rédigé par : Jacques Heurtault | 15 mars 2007 à 23:30
Cher Jacques, tu soulèves un problème central : au lendemain des présidentielles, faudra-t-il simplement "redistribuer" les investitures pour les législatives "à l'intérieur" du PS ou au contraire élargir aux alliés de gauche du PS et à la société civile ? Quelle que soit l'issue du second tour, je vois mal que le PS reste un bastion replié sur lui-même. Pierre
Rédigé par : pierre bayle | 18 mars 2007 à 14:42
La gauche contre la droite, c'est le village d'Astérix contre l'empire romain...
Rédigé par : -M-ric | 15 avril 2007 à 00:26
Cher M-ric, je lis sur ton blog que les Gaulois ont perdu à Alésia, que César a été assassiné et l'Empire romain a fini par disparaître. Bon, si on doit remonter l'Histoire, ce sont les Gallo-Romains qui ont finalement gagné, en tous cas en France. Mais ça a pris beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps. Pour l'instant, moi je reste dans le village gaulois avec Falbala, malgré les poissons qui volent et les notes discordantes d'Assurancetourix... Cordialement,
Pierre
Rédigé par : pierre bayle | 15 avril 2007 à 08:02
voilà, c'est juste un message pour vous dire que j'aime beaucoup l'esprit dont vous faites preuve :)
Rédigé par : Laurent | 02 septembre 2007 à 12:21