Temps triste pour une nouvelle triste : Caroline Aigle, la première femme française à être devenue pilote de chasse, a été emportée par un cancer foudroyant à l'âge de 32 ans, le 21 août. Pour cette circonstance exceptionnelle, l'armée de l'air a été autorisée à ouvrir un blog sur son site institutionnel, blog-livre d'or destiné à recevoir les messages de condoléances.
Merci à Jean-Do de nous l'avoir signalé dans sa dernière note, merci aussi à Pierre Sparaco pour son éditorial ému sur le site Toulouseweb-aero. C'est tout le monde lié à la Défense et à l'aéronautique qui est touché par cette nouvelle. Le nombre de messages déjà recueillis sur le blog-livre d'or de l'armée de l'air, presque 300, et l'émotion sincère qu'ils traduisent, révèlent la popularité de cette jeune pilote dans ces milieux.
Mais pas seulement dans ces milieux de spécialistes. L'aventure de cette pilote est exemplaire pour toutes les femmes, et n'est pas une simple aventure militaire. C'est d'abord le succès d'une jeune femme qui réussit à intégrer l'Ecole Polytechnique - lieu autrefois exclusivement masculin jusqu'à la première Polytechnicienne, Anne Chopinet, et où les filles sont aujourd'hui nombreuses. C'est ensuite le succès d'une passionnée de l'air, et l'on oublie souvent tout ce que la conquête du ciel doit aux femmes, sans oublier la conquête de l'espace avec Claudie Haigneré, la première spationaute française.
Ensuite, entrer à l'Ecole de l'Air de Salon de Provence et réussir à en sortir comme pilote de chasse n'était pas non plus la chose la plus aisée pour une fille, elle l'a brillamment réussi. D'autres avant elle avaient réussi le concours comme pilote du Transport aérien - l'une d'entre elles, Anne, pilotait le petit Nord 262 qui déplaçait les journalistes en Arabie saoudite pendant la guerre du Golfe. Mais Caroline restera la première à être admise dans la voie royale, celle de la Chasse.
Préservée de la curiosité médiatique, et d'un tempérament naturellement discret, elle avait commencé une carrière de pilote, notamment de Mirage 2000, avec le même sérieux, la même ténacité et les mêmes compétences que ses camarades masculins - elle avait du reste épousé un pilote de l'air. Elle était depuis affectée comme commandant au commandement des Forces aériennes de Metz. L'histoire s'arrête là, brutalement. Mais celle des femmes dans l'armée continue, et la France reste en pointe dans cette féminisation des armées. Et la carrière de Caroline Aigle, même trop brève, restera exemplaire pour d'autre vocations féminines, montrant le passage réussi du rêve à la réalité.
(Photos : perso.blog.orange - Sirpa Air - AFP)
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