Vive la carpe et le lapin
Revanche champêtre à Sèvres, le regroupement pour le second tour des municipales non seulement des Verts de Luc Blanchard mais du MODEM de Pascal Giafferi à la liste "Envie d'une Ville" menée par le socialiste Jacques Blandin avec le soutien des Communistes et Radicaux de gauche, est qualifié par le maire sortant de "mariage de la carpe et du lapin". Cela confère un indéniable label écologique à la majorité mathématique née, au premier tour, des voix n'ayant pas choisi de soutenir le candidat de l'UMP resté en-dessous de la barre des 50%.
Le candidat de la majorité présidentielle dénonce ainsi sur son blog cette "coalition hétéroclite" dont "l'addition des ambitions entraînera inéluctablement la multiplication des dépenses et l'explosion des impôts". Et appelle à ceux de ces concitoyens qui sont attachés à "la clarté" et à la "compétence" à se rassembler autour de lui.
Il trouve pour le défendre l'ancien maire communiste Roger Fajnzylberg, passé du rouge au bleu en ralliant le camp de l'UMP, qui reconnaît que le ralliement du MODEM de Sèvres à l'alliance du PS et des Verts "constitue un sacré coup de tonnerre pour ses électeurs du premier tour". Et constate que "sur le papier, la coalition des trois listes permet de rassembler 52,4% des votants du premier tour". Ce spécialiste de la politique locale - et de la politique tout court - admet donc qu'il y a pour la première fois depuis longtemps un renversement de tendance.
Mais avec une prudente audace, et "compte-tenu de premières réactions que j'enregistre", l'ancien maire de gauche "parie sur une mobilisation électorale forte au second tour et le refus de cette nouvelle donne par une partie importante des électeurs sévriens du Modem", sans parler du "lâchage d'une fraction de gauche qui se manifestera par le vote blanc". Il veut ainsi nous faire comprendre que ceux qui ont voté au premier tour resteront chez eux, tandis que ceux qui sont restés chez eux iront voter pour le maire sortant... Par souci de la météo ?
Il est certain que les majorités mathématiques n'existent pas quand il s'agit de coalitions aussi larges, et que l'incertitude est très grande. En revanche, il est intéressant de constater que derrière le candidat socialiste Jacques Blandin, c'est une dynamique nouvelle - et symbolique dans les Hauts de Seine - qui s'est manifestée en balayant pour la première fois de très anciennes querelles de clochers et autant de guerres de boutons. La carpe et le lapin enfin réunis pour défendre le cadre de vie de la boucle de Seine, voilà un message encourageant pour tous ceux qui cherchaient à visualiser cette "envie d'une ville" exprimée ensemble par toutes les sensibilités désireuses d'une vraie ambition pour Sèvres et ses habitants.
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