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Un petit air de Valls

Je continue à scruter l'expression des différentes tendances du parti socialiste en chechant des idées nouvelles, notamment dans les blogs où se tient leur expression la plus spontanée, mais j'ai du mal à trouver la nouveauté et l'originalité, en dehors du débat lancinant sur "plus de gauche" ou "plus de centre" pour gagner, mais on ne sait même plus pour gagner quoi au juste.

Le bilan de la première année de présidence de Nicolas Sarkozy aurait pu être un bel exercice sur le thème "et nous, qu'aurions-nous fait dans le même contexte ?" Au lieu de ça, un bel exercice de langue de bois où seul Manuel Valls a la franchise de dire que tout n'est pas à jeter dans ce premier bilan, sans qu'on puisse l'accuser pour autant, comme le font certains commentaires sur son blog, d'avoir déjà rejoint les "transfuges" de la gauche qui ont rejoint la majorité présidentielle.

Social-démocratie, social-libéralisme, social-interventionnisme ? L'affichage des "ismes" n'a jamais tenu lieu de politique et le débat sur la crise monétaire, financière et industrielle du capitalisme d'aujourd'hui ne se règle pas à coup d'affirmations mais à travers des politiques concertées entre Européens, avec les Américains et avec le reste du monde, sans rejeter personne et avec réalisme.

Dénoncer les excès du capitalisme libéral est désormais une banalité. Mais il n'y a pas d'alternative miracle et, surtout, la construction européenne nous impose des contraintes tout en donnant une cohésion forte face aux désordres monétaires du dollar, du yuan et de toutes les monnaies qui sont rattachées au dollar. Peut-on invoquer comme l'a fait la gauche pendant les présidentielles le "co-développement" comme début de solution aux migrations économiques massives, sans accepter son corollaire qui est la délocalisation des emplois de nos industries dans les pays à économie émergente ? Peut-on défendre le pouvoir d'achat des salariés et permettre une gestion plus laxiste des déficits publics nationaux sous prétexte de relance, au risque de faire repartir la spirale inflationniste en Europe et de pénaliser encore plus le pouvoir d'achat des plus défavorisés ?

Les questions économiques sont posées de façon très ouverte sur le Forum de Ségolène Royal, sous la rubrique "contributions" pour le prochain congrès. Mais le débat est ici incomplètement public car il faut s'inscrire à Désirs d'avenir pour lire ce qu'envoient les autres contributeurs.    

Les débats sont en tous cas nombreux sur lesquels une opposition crédible doit se positionner de façon plus responsable, au lieu de recompter les voix de la gauche, de l'extrême-gauche, des écologistes, des communistes et du centre en d'improbables coalitions de circonstance. Avec le paradoxe que, en cas d'usure prématurée de la majorité présidentielle actuelle, la gauche pourrait se trouver confrontée à une cohabitation avant la fin du mandat présidentiel sans y être préparée, exactement comme en 1997.

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