Dernier vestige du funiculaire historique reliant Meudon Bellevue à la route de Vaugirard en rive de Seine, entre Sèvres et le Bas Meudon, le petit hangar qui témoignait encore de la gare de Bellevue vient de disparaître, pour être remplacé par un projet d’aménagement immobilier. Ce hangar était en réalité une partie seulement de la gare, qui s’élevait sur trois niveaux, mais avait conservé le revêtement en bois d’origine.
La ligne de funiculaire, construite entre 1891 et 1893 par les ingénieurs Guyenet, Madamet et Tinel, était longue de 183 m. avec une dénivelée de 52,5 m. La cabine, contenant 59 passagers, était tractée par un câble, enroulé par une machine à vapeur placée au bas de la ligne. Une crémaillère était placée entre les rails pour permettre un freinage d’urgence.
Sa vocation était essentiellement touristique, puisqu’il avait imaginé pour amener les promeneurs jusqu’à la hauteur du bois de Meudon. Après un premier succès d’exploitation (550.000 voyageurs pour les vingt premiers mois), la gestion va devenir chroniquement déficitaire, faute de promeneurs en hiver, et la commune de Meudon refusera une subvention d’exploitation en 1895.
Interrompu par la Première guerre mondiale, le trafic reprendra de façon limitée jusqu’à sa fermeture définitive en 1938, puis un démontage de toute l’infrastructure après la deuxième guerre mondiale et la construction de pavillons sur le trajet de la voie ferrée, sauf sur le point d’arrivée supérieur, cette gare du haut étant elle-même située en contrebas de l’immense édifice occupé par le CNRS.
Il n’en restait donc que ce dernier souvenir, un hangar désaffecté depuis quelques années, mais également la plate-forme d’arrivée supérieure du funiculaire qui offre encore aujourd’hui une vue magnifique sur la courbe de la Seine, avec les îles Seguin et Saint-Germain, sur Boulogne, Issy les Moulineaux et plus loin le 15e arrondissement de Paris avec les tours du Front de Seine.
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