Bon vol, Gilles !
Notre cher ami Gilles Patri nous a quittés il y a quelques jours à Villeneuve d'Allier, où il avait pris sa retraite et où il a été enterré jeudi. L'information transmise par son très proche ami Manfred Knappe, et que nous avons aussitôt relayée, a suscité de nombreux messages et sympathie et de souvenirs émus de ses anciens confrères, dont ceux de Pierre Sparaco, Michel Polacco, Gilbert Sedbon, Wolfram Wolf, Patrick Guérin et l'équipe du GIFAS, Chrsitiane Seltzer et l'AJPAE, et de très nombreux autres journalistes et collègues d'EADS. Une occasion de rappeler son souvenir à ceux qui l'ont moins connu.
Journaliste d'abord et avant tout, Gilles a comencé à la rédaction du quotidien L'Aurore. S'il avait rejoint l'Aérospatiale en 1983, il rappelait souvent que c'était bien comme journaliste, pour participer à la création en juin 1983, sous l'impulsion de René Bourone, de la Revue Aerospatiale, qui a démarré comme une publication corporate du groupe et s'est peu à peu imposée comme un magazine mondialement apprécié.
Lorsqu'il en est devenu le rédacteur en chef, il a continué à améliorer le niveau de la publication, en réalisant lui-même des reportages exclusifs non seulement sur la production du groupe mais sur l'ensemble du secteur des industries aéronautiques et spatiales. C'est ainsi qu'à partir de la fin des années 1980, la revue est devenue disponible en kiosque et a bénéficié d'un nombre appréciable d'abonnés.
Ce dont il était le plus fier, je m'en souviens lorsque nous travaillions ensemble, c'était sa "carte de presse professionnelle" qui reconnaissait sa qualité de vrai journaliste. Car il défendait en permanence son indépendance et son intégrité de journaliste, au-delà des intérêts particuliers de la société, ce qui a grandement contribué à la réputation de la Revue Aerospatiale et à sa réputation personnelle parmi ses confrères de la presse. Capable de plaisanter jusqu'à plus soif autour d'une bonne bouteille de Bordeaux, avec un sens de la plaisanterie llié à un gout certain pour le provocation, Gilles était d'un sérieux professionnel irréprochable et pouvait piquer des colères noires quand on s'avisait de transformer ses papiers, souvent des chefs d'oeuvre d'érudition mais comme tels un longs - mais étant un bon rédacteur en chef il finissait par se couper lui-même - ou quand Maryse faisait semblant de ne pas l'entendre plutôt que d'entrer dans bureau constamment enfumé...
Cela ne l'a jamais empêché d'avoir le meilleur esprit d'équipe avec ses collègues, et lorsqu'Aerospatiale a d'abord fusionné avec Matra au sein d'Aerospatiale-Matra, puis avec l'équipe de commuication de DASA au sein d'EADS, il a contribué par ses compétences et par son esprit d'équipe au succès de ce qui est devenu alors Planet Aerospace, avec la compréhension et la complicité permanente de Manfred Knappe.
En tant que rédacteur en chef, Gilles a réussi à amalgamer une véritable équipe rédactionnelle multinationale avant de prendre sa retraite en 2002, tout en continuant à accompagner l'équipe de la communication corporate, par exemple en contribuant à l'ouvrage patrimonial en quatre langues, "Sur les ailes du temps". Ayant vécu comme adolescent en Allemagne, pionnier de la compréhension franco-allemande, il a été réellement un co-fondateur de l'esprit d'équipe multiculturel qui a cimenté les équipes de communication d'Ottobrunn et de Paris et nous a laissé un superbe héritage en termes d'histoire de l'industrie aéronautique européenne. Bon vol, Gilles !
(c) photos Roger Guigui.






