Jérusalem capitale double
Sans vouloir me placer sur le terrain de la politique politicienne, je suis fier ce soir d'avoir entendu le président français demander en mon nom, en Israël, la coexistence de deux Etats, un Etat israélien et un Etat palestinien, ayant tous les deux Jérusalem comme capitale partagée.
On épiloguera ensuite sur le demande du gel de la colonisation, de la levée du blocus de Gaza, le discours de la paix, autres arguments soulevés avec pertinence par Nicolas Sarkozy... Tout cela a été déjà demandé, y compris par George Bush et par Condoleezza Rice. Mais Jérusalem restait le tabou ultime, devant lequel butaient tous les prétendus plaidoyers pour la paix.
Ce même tabou qui a fait capoter les dernières négociations israélo-palestiniennes sous initiative américaine, et qui a contraint Yasser Arafat, usé et épuisé mais lucide jusqu'au bout, à refuser ce qui ne pouvait être un compromis, mais bien une capitulation, acceptant de s'enfermer dans le mutisme ultime de la Mouqatta plutôt que d'abdiquer cette revendication aussi sacrée pour les Palestiniens qu'elle l'a toujours été pour les Israéliens.
Qu'un président français vienne rappeler qu'il n'y a pas de paix possible, on ne parle pas encore de paix durable, sans la reconnaissance que la Ville sainte par excellence - celle des trois religions du Livre - ne pouvait être légitimement confisquée au profit d'une seule partie, cela est le triomphe de la raison. Et je suis fier d'appartenir au pays de la raison, qui n'exclut pas la foi.
Que demain le président français se rende dans les territoires palestiniens pour voir Mahmoud Abbas sans se rendre jusqu'au petit mausolée de la Mouqatta, comme George Bush faisant semblant de ne rien voir, même cela n'aurait pas vraiment d'importance. L'important, c'est que la France est venue dire que Jérusalem peut appartenir à deux pays, comme elle peut appartenir à tous les croyants. A deux pays qui n'ont d'autre choix que de vivre ensemble, non pas dans la méfiance de l'autre mais dans la confiance et l'amitié. Ce soir, on peut rêver un peu, ou croire...










