Tin Tank Toys

  • Accueil
  • Archives
  • Subscribe
My Photo

About

Recent Posts

  • Char looping MARX
  • Char Sherman en bois
  • Char en alliage moul
  • Automitrailleuse K-347
  • Char Arnold 588
  • MF 074 chinois
  • GAMA N°70
  • Char Gescha bitube
  • Char Hero X-81
  • Char tirelire

Categories

  • Autres véhicules
  • Chars Allemagne
  • Chars Chine
  • Chars France
  • Chars Italie
  • Chars Japon
  • Chars russes
  • Chars UK
  • Chars USA
  • Historique

Archives

  • May 2012
  • April 2012
  • March 2012
  • May 2010
  • November 2009
  • October 2009
  • September 2009
  • August 2009
Subscribe to this blog's feed
Blog powered by TypePad

Chars à roues et automitrailleuses

chars50001 

Parallèlement au char en tôle, apparu dès 1918 et produit jusque dans les années 1970 en Europe, l’automitrailleuse en tôle mérite un développement à part, par sa thématique autant que par son esthétique.

En effet l’automitrailleuse étant antérieure au char, les jouets la représentant existaient dès la fin du XIXe siècle, en plomb ou en alliage, puis en tôle à moteur mécanique avant même la première guerre mondiale.

Signalé dans les catalogues de jouets du début du XXe siècle, le petit « automoteur » en plomb sur chassis fantaisie en alliage à quatre roues, de fabrication française, tirait des grains de riz de son petit canon à ressort intégré (photo 1), à l’échelle des soldats de plomb de l’époque.

En alliage également, mais plus petite encore, l’automitrailleuse (photo 2) à tourelleau armé d’une arme lourde était sans doute beaucoup plus proche de la réalité des matériels en dotation dans l’armée française. L’uniforme bleu horizon des deux servants, le tireur et le conducteur, ainsi que le profil de l’avant du véhicule suggèrent plutôt la fin de la Première guerre.

Plus ancienne sans doute, mais déjà en tôle simplement peinte, et non pas imprimée, l’automitrailleuse (photo 3) porte le même petit canon à ressort des soldats en plomb qui équipait le premier engin mentionné ci-dessus. La fabrication de tôle est encore rudimentaire puisque la tôle est simplement soudée, et non pas assemblée par des pattes repliées comme on le fera ensuite. Des filets d’or rehaussent la peinture grise uniforme et donnent un certain cachet à ce jouet français plutôt rare.

Du côté allemand, cette automitrailleuse (photo 4) appelée Kellermann Schützenpanzer, de la firme CKO, illustre le réarmement allemand du début des années trente. Tôle imprimée à rivets apparents, moteur mécanique, c’est déjà la technique qui fera le succès des jouets militaires allemands de l’entre-deux guerres. Très grossière, la double mitrailleuse de la tourelle comporte une base unique à pierre à briquet, qui génère des étincelles en rebondissant sur un frottoir qui tourne avec le moteur.

La firme CKO accompagnera du reste l’effort industriel allemand en copiant les principaux modèles mis en dotation dans la Wehrmacht, dont le K-343 et le K-347, beaucoup mieux finis que les précédents, et portant du reste le camouflage centre-Europe qu’on verra progressivement remplacer la peinture grise (photo 5).

Les plus beaux sont sans conteste les jouets produits par Tyco, comme pour les chars. Mais un exemple particulier du dynamisme des fabricants de jouet allemands se retrouve dans cette « séquence » où l’on voit une automitrailleuse « A-572 », fidèle réplique d’un modèle réel  SdKfz de l’armée allemande, changer de robe, de tourelle et voir ses deux roues remplacées par des chenilles, pour devenir après-guerre un très honnête half-track qui ressemble à tout sauf à un half-track américain, mais qui arbore de superbes marquages style « US et alliés - campagne de Normandie » Libération » (photo 6).

En France, dans une superbe boîte marquée « Engin Blindé de Reconnaissance », une automitrailleuse « Alsace » proposée dans les années 1950 par Vébé (photo 7) ne ressemble en rien à l’EBR de Panhard mais beaucoup plus au Puma allemand de la fin de la guerre, y compris dans la peinture grise. D’autant qu’elle a huit roues à pneus (en caoutchouc plein) comme le Puma, et non pas quatre roues extérieures à pneus et quatre roues internes métalliques (dites agricoles) comme l’EBR. Ce jouet reprend aussi beaucoup de la technique allemande, moteur à ressort, pierre à étincelles, et la tourelle tourne quand l’engin roule.

En Italie, le constructeur de Padoue INGAP (Industria Nazionale Gioccatoli Automatici di Padova), qui n’était pas spécialisé dans le jouet militaire, propose à la fin des années 1950 une jolie automitrailleuse à quatre roues (photo 8) et trajet programmable, mélange réussi d’éléments en métal et en matière synthétique, préfigurant le jouet en plastique mais en conservant une certaine finesse d’exécution. Particularité de ce jouet, la tourelle tourne lorsque le véhicule est propulsé par son moteur à ressort.

Enfin Joustra (les Jouets de Strasbourg) proposait dans les années soixante un étonnant véhicule à huit roues, lançant deux missiles sur deux rampes parallèles, sorte de synthèse entre les lance-roquettes multiples et les lanceurs de missiles tactiques. Un engin proche des chars « Tchad » du même constructeur (voir article précédent).

Mais les engins à roues, tout en étant de beaux objets, restent quand même marginaux dans la catégorie des jouets en tôle, alors qu’ils sont évidemment légions dans les modèles réduits en métal coulé type Dinky Toys et Solido, puisque ces modèles comprennent chars, automitrailleuses, véhicules d’artillerie, camionnettes, etc. L’auteur reconnaît volontiers la limite de ses compétences car il n’a jamais eu entre les mains d’automitrailleuses en tôle anglaises ou américaines, qui ont certainement dû exister.

D8canonroues

1 – Canon automoteur, jouet de 8,6 cm


D7automitPlomb-1

2 – Automitrailleuse en alliage, 6 cm


D5automitTole-1

D6automitTole













3 – Automitrailleuse en tôle, avant 1914, 12 cm


chars50011-1

4 – Automitrailleuse allemande CKO N°338, DRGM, 10 cm


chars50012-1

5 – Modèle CKO K-343 des années 1930, 16 cm

chars50007

chars50008













6 – Jouet Tyco, modèle avant (A-572) et après (DC-6) guerre, 17 cm

chars50003-1

7 – Puma français d’inspiration allemande, 24 cm


chars50005-1

8 – Jouet italien INGAP

Posted at 01:10 AM in Historique | Permalink | Comments (1) | TrackBack (0)

Les années cinquante et la fin du jouet-métal

DSCF5410

Après les chars jouets de la première guerre mondiale, le Kriegspiel allemand puis la revanche du Sherman, cette quatrième note conclut la série sur les chars jouets en tôle, qui ont fini par perdre la guerre… contre le jouet en plastique.

Si la mode du jouet guerrier tend à décroître dans les années cinquante, aussi bien dans les pays européens touchés par la guerre mondiale qu’aux Etats-Unis, au profit du jouet « civil » et surtout le train mécanique qui explose en devenant électrique, un certain nombre de constructeurs vont s’efforcer de se maintenir sur le créneau des chars en tôle.

C’est en particulier le cas de Joustra, les « Jouets de Strasbourg », une entreprise créée en 1934 par les frères Kosman et qui, profitant de la quasi disparition de ses concurrents allemands après 1945, va devenir le premier constructeur européen de jouets mécaniques jusqu’à ce que la concurrence asiatique, dans les années soixante, le force à se reconvertir dans le jouet artistique et technique.

Le modèle le plus connu de Joustra est le char « Tchad » (photo 1 et 2), décliné en trois couleurs (marron, vert, kaki), d’inspiration technique allemande (caisse de Panzer II, tôle imprimée à rivets apparents, deux mitrailleuses à l’avant comme les jouets allemands) mais d’esthétique très américaine (train de roulement, tourelle et canon).

Même hésitation pour le char géant « Puma » (photo 3) de CHR, à moteur mécanique et direction téléguidée par cable, où l’on distingue mal s’il s’agit d’un char allemand ou d’un char américain dans la forme, volontairement générique, ce qui étonnant pour un jouet de cette qualité, et qui reste un jouet étonnant par sa taille. De son côté, l’italien INGAP (Industria di gioccatoli di Padova) réplique imperturbablement le Panzer III allemand de Gescha repeint sous des couleurs fantaisistes, avec un petit moteur électrique commandé par un boîtier à pile.

C’est l’apparition de l’AMX-13 (et de l’AMX-40 dérivé de l’ARL-44 et resté à l’état de prototype) avec sa révolutionnaire tourelle oscillante, qui va amener de la diversité dans l’inspiration, après les modèles allemands et le modèle Sherman (voir article précédent).

Joustra produit un superbe « char Lorraine » (normal, pour une fabrique alsacienne) jouet tout en métal à chassis fantaisiste mais tourelle d’AMX 13 (photo 4). C’est aussi le cas pour le « Radarmatic » des Jouet Mont Blanc, en tôle imprimée avec accessoires en plastique, moteur électrique à piles. C’est encore plus flagrant pour une version plus petite du même constructeur, l’AMX-J, en tôle imprimée, moteur à friction et pierre à briquet produisant des étincelles.

De plus en plus, à partir de la fin des années cinquante, c’est le plastique qui arrive dans la composition des jouets métalliques, et les moteurs électriques qui remplacent les moteurs mécaniques à ressort. On voit ainsi un TF-56 de Joustra où la tourelle et la partie inférieure sont en plastique, seul le dessus de la caisse en tôle imprimée offrant encore quelques détails : on dérive de plus en plus du modèle réaliste au jouet fantaisie et à la production privilégiant la quantité sur la qualité. Il s’agit d’une adaptation rapide, rendue nécessaire par l’arrivée d’une production concurrentielle, de masse et à bas prix, venant des pays d’Asie.

Le production asiatique est trop vaste pour être étudiée dans le détail. Encore aujourd’hui, les petits oiseaux mécaniques vendus dans le métro viennent le plus souvent de Chine, dernier pays à avoir maintenu le savoir-faire du jouet métal, moteur à ressort, grâce à une main d’œuvre à très bas prix – et il faut savoir les acheter à l’occasion, comme véritables objets de collection… Nous évoquerons simplement la production de chars, qui a littéralement tué la production européenne, et en nous limitant à la Chine et au Japon.

En Chine, la faiblesse en produits pétroliers – donc en matières synthétiques – va donc prolonger la production de jouets en métal. Le char chinois, à moteur à friction, robuste et peu cher, est le type même du jouet fantaisie à grande diffusion rappelant très exceptionnellement, avec un effort d’imagination, des modèles réels. C’est le cas du petit « MF-74 », dont la silhouette rappelle celle du JS-III russe (photo 5). Pour le reste, la plupart de ces chars (MS-701, MF-179, MF-779, MF-062, etc), fabriqués à Shangaï, sont des jouets d’inspiration fantaisiste, peints de couleurs vives et très peu militaires (photo 6).

Au Japon, l’inspiration est évidemment américaine, même quand les modèles ne correspondent à rien. On trouve des Sherman comme le « M-4 » de Taiyo, mais les sigles M-40 de Modern Toys (photo 7) ou M-45 de Eyco ne correspondent que de très loin à des chars réels, avec des silhouettes approximatives et des détails anachroniques ; la production japonaise tend aussi à incorporer des accessoires et des personnages en plastique (photo 8), et à évoluer vers les engins spatiaux et de science-fiction.

Les années soixante-dix verront ainsi la disparition quasi complète des chars en tôle imprimée, avec la séparation de deux marchés bien différents : le jouet pour enfants se détourne de plus en plus du militaria, et c’est peut-être aussi bien. Quant au char, il cesse d’être un jouet pour devenir un modèle réduit de plus en plus fidèle à la réalité, et les collectionneurs de Solido ou de Dinky Toys militaires, comme ceux qui construisent des maquettes en plastique, sont des enfants de plus en plus âgés… Il suffit de voir les prix des maquettes Tamiya ou Revell, ou de voir l’âge moyen des clients dans les magasins de modèles réduits ou les salons comme Toymania, pour constater cette évolution !

Une note complémentaire sur les jouets en tôle reste à publier, spécialement consacrée non plus aux chars mais aux blindés à roues, dont l’histoire est parallèle et mérite un développement particulier. Quant aux maquettes métal ou aux modèles réduits en plastique, ce sont des univers totalement différents…


1 char Tchad

2 char_tchad






 




 

1 – Char Tchad, jouet de 20 cm /         2 – Le même, en deux couleurs différentes


3 Puma de CHR

3 – Puma de CHR, 32 cm


4 - Lorraine de Joustra

4 – Char Lorraine de Joustra, 25 cm


5 MF074 chinois

5 – MF-074 chinois, 12 cm


6 chars de Shangaï

6 – Jouets de Shangaï


8 char fantaisie japonais

7 – Char fantaisie japonais, 13 cm

Posted at 03:45 AM in Historique | Permalink | Comments (0) | TrackBack (0)

La revanche du Sherman

skate 007 Apparu sur les champs de bataille dès 1942, le char américain M4 Sherman restera surclassé dans ses versions successives par ses adversaires allemands (Panzer 4, 5 et 6) dans la course au calibre et à la précision. Mais le rouleau compresseur allié, jouant de la quantité des chars (comme le T-34 sur le front russe, aux côtés du Sherman lui-même livré à l’armée rouge), et d’une suprématie absolue des soutiens artillerie et bombardement aérien, emportera la décision, heureusement pour les démocraties…

Symbole de ce renversement du rapport de forces, le Sherman va apparaître sous forme de jouet dès avant la fin de la guerre. Dès le débarquement en Normandie en juin 1944, en fait, il va prendre possession du paysage de l’imaginaire, s’imposant dans une production de jouets où, nous l’avons vu dans l’article précédent, la production allemande disparaît dès le début de la guerre pour cause de rationnement du métal. Le blindé français, coupable (malgré lui) de réutilisation par l’armée allemande, ne figurera donc plus dans la gamme des jouets, sauf la chenillette Lorraine et quelques autres extrapolations plus ou moins fantaisistes de chars rappelant vaguement les Somua S-35 et Renault R-35.

Le manque de métal ne va pas empêcher l’apparition de jouets de fortune, pour célébrer l’arrivée de la coalition arrivée et la libération de la France. Des jouets de guerre apparaissent, en plâtre ou en terre, réalisés à partir des moules servant aux jouets en alliage d’avant 1939 (chenillettes). Dans le cas du Sherman, certains jouets sont étonnants car fidèles à la silhouette du char américain mais avec les peintures françaises d’avant guerre, et un équipage portant les casques français d’avant-guerre également. C’est le cas de ce char (photo 1) portant la mention « Jouet France », en plâtre peint avec des roulettes en bois (photo 2), portant un étonnant camouflage et un équipage en tenue 1939, un soldat étant debout en capote derrière la tourelle, et qui a dû être produit en série limitée entre 1944 et 1945. Un autre tout petit char en plâtre, sans roulette, d’origine belge (Ourso), est plus une figurine qu’un jouet, avec ses deux antennes métalliques plantées dans la masse (photo 3).

Autre exemple d’une production de guerre, ce char entièrement en bois (photo 4), et totalement artisanal, dont le train de roulement est réalisé en bobines de fils, la seule pièce de métal étant une petite tige montée sur ressort à l’intérieur du canon pour lancer grains de riz ou boulettes de papier. La silhouette du Sherman est bien reconnaissable, et le nom « Dolly » peint sur le côté de la caisse vise à renforcer le look américain, mais il s’agit bien d’une production locale française.

D’autres jouets sont plus exacts dans leur rapport au modèle réel, et la plupart portent, sur la peinture américaine vert olive, l’étoile blanche de la coalition alliée. Une étoile qu’on retrouvera dans les cinq années suivantes sur les chars jouets allemands de la marque Gama, reproduisant toujours les Panzer 2 et 3 mais avec des tourelles et une décoration s’inspirant des blindés américains.

Avec le retour d’une relative disponibilité du métal pour la fabrication des jouets, vont apparaître des chars Sherman beaucoup plus précis, comme celui-ci (photo 5) à moteur mécanique et trajectoire orientable par levier fixe (photo 6), ce qui ne constitue pas une véritable télécommande. Le jouet mécanique fait son retour en force dans les années cinquante mais avec une évidente évolution du marché vers des productions d’orientation civile : constructions mécaniques Meccano, voitures, trains, avions, beaucoup moins de « Militaria » qu’avant 1939, la génération des parents ayant traversé la guerre ne souhaitant évidemment pas revivre, par jouets interposés, des souvenirs dramatiques. Raison pour laquelle la génération du « baby boom » (enfants nés entre 1945 et 1950) ne connaîtra pas les petits soldats et leurs accessoires des générations précédentes !

Une prochaine note fera le point de la production des chars des années cinquante et soixante, notamment française (dont Joustra : Jouet de Strasbourg, Jouets Mont Blanc, CHR, etc). C’est à l’issue de cette période que le plastic aura progressivement remplacé le métal et la tôle dans la confections des jouets, pour des raisons autant de coût de fabrication que de sécurité du jouet lui-même. Le jouet en tôle restera encore fortement implanté dans certains pays asiatiques, dont le Japon, qui s’orientera vers des engins à mécanismes électriques de plus en plus sophistiqués, et la Chine, restée fidèle jusqu’à aujourd’hui au jouet mécanique traditionnel : outre les chars, la Chine produit encore des voitures à friction, motos, oiseaux à ressort et autres jouets traditionnels qui font la joie des collectionneurs.

Bon exemple de cette lente évolution, où le Sherman reste une valeur refuge, ce Sherman japonais de marque Taiyo (photo 7), des années 1960, à moteur à pile, vendu sur Internet comme beaucoup de ces objets désormais introuvables. Un demi-siècle plus tard, le Sherman est encore coté sur le marché de l’imaginaire, malgré toutes les guerres connues depuis et où le char s’est illustré sous des versions et modèles beaucoup plus modernes…


1 Sherman plâtre France

2 roulettes en bois










 


 

1 – Sherman plâtre camouflage France, jouet de 18 cm, 1944

2 – Le même, vu de dessous, avec ses roulettes en bois


3 Sherman plâtre Belge

3 – Sherman plâtre, jouet belge Ourso, 7 cm, couleurs US


4 Sherman bois

4 – Sherman tout bois, jouet français, 21 cm, 1944-45 ?


skate 002

6 moteur Sherman métal













5 – Sherman métal, origine incertaine, 16 cm, années 1950

6 – Le même, vu de dessous


7 - Sherman japonais

7 – Sherman métal, jouet à pile japonais Taiyo, 28 cm, moteur à piles

Posted at 11:24 PM in Historique | Permalink | Comments (0) | TrackBack (0)

Le Kriegspiel allemand

DSCF5349

Après l’apparition du char sur le champ de bataille en 1916 et la floraison de jouets inspirés du FT17 français et du Mark britannique, l’immédiat après-guerre verra se développer le char en tôle dans de nombreux pays et sous les formes les plus variées. Mais c’est en Allemagne qu’il va triompher dans les années trente, sous le double effet d’une industrie du jouet mécanique déjà très dynamique avant guerre (Bing, Ernest Lehmann C°, Märklin, S.G. Gunthermann, Georg Fischer, J.L. Hess, etc) et d’un réarmement de plus en plus visible.

C’est ainsi que les marques Gama, Märklin, TyCo, Diestler, CKO, Gescha, vont proposer les jouets les plus ingénieux et les plus robustes, parallèlement au développement d’un successeur économique au soldat de plomb, la figurine en résine de sciure et colle, sous les deux marques Lineol (à base carrée) de et Elastolin (à base ronde).

Après des modèles plus ou moins fantaisistes, le PanzerKampfWagen (PzKw) 1 va, de sa production en 1934 jusqu’aux années de la guerre, dominer la scène du jouet. Facilement reconnaissable à sa tourelle à deux mitrailleuses, il sera adapté ensuite, en tant que jouet, par une simple modification de la tourelle et un accroissement de ses proportions, pour ressembler aux modèles successifs de la Wehrmacht, les PzKw 2 et 3, puis 4. La guerre mécanisée devient une réalité qui s’impose aux jeux des enfants, comme un véritable conditionnement, avec les bataillons de soldats en résine (les deux marques proposant du reste, outre les soldats réguliers, toute la panoplie des milices du régime nazi et jusqu’à ses dirigeants), la gamme complète des blindés et véhicules d’accompagnement : automitrailleuses, tracteurs d’artillerie, camions et berlines blindées, etc.

Pour éviter tout amalgame avec les nostalgiques de ce régime – il faut signaler qu’un certain nombre de sites Internet interdisent aujourd’hui la diffusion et la circulation de documents sur ces figurines-jouets – nous limiterons notre propos à ce qui concerne strictement les blindés-jouets et leur évolution. D’autant que les constructeurs allemands ne se relèveront pas, pour beaucoup d’entre eux, de la deuxième guerre mondiale, alors que le blindé américain devenait la référence dès 1944 en matière de modèles réduits et de jouets.

Parmi les marques allemandes, certaines comme Arnold et Gescha proposent des chars qui ne ressemblent que lointainement au PzKw 1. Il s’agit de jouets petits et robustes, mais qui ne sont pas à l’échelle des figurines de l’époque. C’est Gama qui, de très loin, domine la production en qualité et en diversité. Jouets robustes à moteur à ressort actionnant des chenilles en caoutchouc, mitrailleuses avec des pierres à briquet crachant des étincelles quand le char est en mouvement, détail des lots de bord (pelle-pioche et hache) : Gama arrive à fixer un standard, puisqu’il sera progressivement copié par les autres constructeurs.

TCO réalise pour sa part un PzKw 1 exceptionnel, très proche de la réalité, aujourd’hui recherché par les collectionneurs. Il s’agit d’un char de 23 cm à chenilles métalliques, doté d’un dispositif entraînant et percutant une bande à amorces quand le char avance, mu par un puissant moteur à ressort. Gescha suivra l’évolution en passant de ses premiers chars-jouets rudimentaires à de très jolis engins détaillés et télécommandés par cable, ou avec dispositif à changement de trajectoire. Seul pays à suivre l’Allemagne par sympathie politique, l’Italie s’inspire alors des modèles allemands et la marque INGAP (Industrie Nationale du Jouet Automate de Padoue) propose des chars proches de ceux de Gama ou Gescha.

Il faut noter aussi que les mêmes moules et machines conçus pour faire des jouets sur les modèles des PzKw 1 à 3 serviront après guerre pour produire des versions abusivement rebaptisées « PzKw 5 – Panther », sans aucune vraisemblance, ou camouflées en Sherman américain, le constructeur se contentant de repeindre le jouet aux couleurs kaki des armées de la Libération avec l’étoile blanche qui distinguait la coalition alliée. Ces versions post-guerre sont facilement identifiables car elles portent l’inscription « made in US Zone Germany », puis « made in western Germany », alors que les versions pré-guerre portent généralement, sous le sigle D.R.G.M., l’inscription « made in Germany ». Mais il ne s’agira plus que d’une fabrication marginale.

Car la réalité est que la 2e Guerre mondiale a brutalement interrompu la production de jouets en tôle ; Ce n’est pas encore la fin du militarisme – il faudra attendre Stalingrad – mais tout simplement le rationnement de l’acier pour faire tourner l’ »industrie de guerre et privilégier la production de vrais blindés. Celles des unités de production qui auront survécu à la guerre ne retrouveront plus leur niveau d’avant-guerre : le jouet de guerre est bien passé de mode en Allemagne. Dans le camp des vainqueurs, la mode de ce type de jouets restera discrète, si l’on excepte l’immédiat après-guerre, où l’inspiration et la production vont d’abord se développer vers les Etats-Unis, avant de voir renaître les chars jouets en Europe, notamment en France, ensuite au Japon et en Chine.

3 - Gama 65-1 

Tank Gama N° 65, jouet de 16 cm à chenilles en métal


6 - GamaN°60

Tank Gama N° 60, jouet de 18,8 cm à chenilles en caoutchouc, camouflage allemand Centre-Europe


7 - PZ1 Gama

Tank Gama conforme à l’original (PzKw 1), y compris sa peinture grise, mais produit après guerre (mention : US Zone Germany)


1 - A680 Arnold

Char Arnold A-680, jouet de 13,8 cm à chenilles en métal

8 - PZ1 Gescha

Char Gescha, jouet de 12,3 cm à chenilles en caoutchouc


9 - PZ1 TCO

Char T.C.O, jouet de 23 cm à chenilles en métal, très détaillé


10 - PZ3 Bois

Char d’identification école, modèle en bois de 37,5 cm d’un PzKw 3.

Posted at 10:45 PM in Historique | Permalink | Comments (0) | TrackBack (0)

Les chars de la Première guerre mondiale

B3Renaultpetitensemble 

Lorsque le char fit irruption sur le champ de bataille de la Première Guerre mondiale, il provoqua chez les combattants une stupeur et un effroi sans commune mesure avec ses proportions réelles. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait fait très vite l’objet de représentations, d’abord sous la forme de souvenirs par et pour les soldats, puis sous celle de jouets pour les enfants dans la catégorie alors très répandue des jouets mécaniques en tôle peinte. Celui-ci, apparu au XIXe siècle avec la révolution industrielle, était riche jusqu’alors de voitures, camions, bateaux, oiseaux et personnages animés les plus divers, mais le « militaria » y était minoritaire. On trouvait des voitures blindées ou des voitures-canons souvent fantaisistes en métal coulé, accompagnant les soldats de plomb et à la même échelle, mais occupant à l’évidence une place marginale.

Les premières automitrailleuses sont en effet apparues sous forme de jouet au début du vingtième siècle. Elles n’étaient pas un élément central des batailles de soldats de plomb, mais un accessoire amusant, et n’étaient donc pas très répandues. D’où leur fabrication artisanale, plomb ou alliage coulé et peint ou bien tôle sertie ou même soudée, mais offrant parfois la ressource d’un canon à ressort pouvant tirer des grains de riz, les mêmes canons disponibles sur affût comme canons d’artillerie et qui étaient, eux, un élément central du jeu des petits soldats. Curieusement, alors que le jouet en tôle était déjà motorisé, ces petits jouets militaires ne l’étaient pas, sans doute pour ne pas déranger le lent ordonnancement des batailles d’infanterie. Il faudra l’arrivée du char et ses possibilités de manœuvre autonome pour que le blindé-jouet devienne systématiquement motorisé.

Ainsi, avec l’arrivée du char en 1916-1917, une autre dimension vient s’ajouter au monde des jouets, particulièrement dans les jouets mécaniques qui atteindront leur apogée dans les années 1930 pour se heurter dans les années cinquante au jouet en plastique et disparaître progressivement, sauf dans certains pays moins développés comme la Chine, qui reste aujourd’hui l’un des derniers producteurs de cette famille de jouets.

Le premier char apparu était informe ou presque : c’était le tank britannique, qui s’appelait ainsi car les Anglais avaient écrit « tank » (réservoir) sur les caisses pour dissimuler cette nouvelle arme secrète. Gros caisson à chenille muni d’armes sur le côté et au-dessus, il devint de plus en plus massif, à l’opposé du char Renault FT-17, le plus petit des blindés mis alors en service, déjà moderne dans sa silhouette grâce à sa tourelle pivotante.

Avant même la fin du conflit, les combattants avaient fabriqué les premières représentations miniatures de ces engins nouveaux : à l’aide de douilles et de morceaux de cuivre, en laiton soudé, avec parfois un petit moteur, ce sont encore des créations artisanales, signées ou portant l’indication du lieu des combats : Arras, souvenir de Metz... Les usines Renault produiront de grosses maquettes en laiton et acier, lourdes et superbes, réservées aux collectionneurs, qui ne sont pas véritablement des jouets.

Le fabricant de jouets Pinard, déjà connu pour ses automitrailleuses, propose alors très vite le « Tank 1917 », silhouette approximative du char anglais Mark 1 à 3, en tôle peinte et chenilles fixes, avec un tout petit moteur à ressort sous le châssis pour actionner des roues métalliques. Un jouet très rudimentaire, qui a dû être produit avant même la fin de la guerre.

Plus élaboré, et proposé en grande série, c’est le Jouet Français, sous la marque JOUEF, qui lance une série industrielle de FT-17 en tôle peinte, avec moteur mécanique, projecteur à pile à l’avant et ressort pour faire exploser une amorce dans la tourelle. Ce jouet particulièrement volumineux sera accompagné d’une version plus petite destinée à accompagner les soldats de plomb. Et pour l’accompagner, on propose à la même échelle un tracteur d’artillerie, à mécanisme à ressort et phares à ampoules, et son canon tracté, à ressort permettant de percuter des amorces.

Les années vingt verront une floraison de jouets en tôle plus ou moins inspirés des deux modèles que restent le FT17 et le Mark anglais. Français, Britanniques et Américains sont les plus nombreux à produire de petits blindés-jouets, mais on trouve aussi des productions italiennes. L’industrie allemande, déjà maîtresse dans le jouet mécanique de qualité, va s’imposer dans les années trente, encouragée par une société tout entière tournée vers le réarmement. C’est ce que nous verrons dans la prochaine note.


A1tank17A2tank17













« Tank 1917 », char de 17 cm en tôle peinte, fabriqué par la société française Pinard. Un moteur sur un des deux axes de roues actionne l’engin.


A4douilles A3douilles 











Souvenir de guerre : char fantaisie (entre le FT17 et le Saint-Chamond) en laiton cloué sur bois, douilles soudées. Inscription : Arras.


A5encrier A7encrier













Renault FT17, char en étain de 8 cm, statique, avec porte-plume devant et encrier sur le côté (sous le casque pivotant), marqué « souvenir de Metz » et signé.


A8Renaultgros B2Renaultgros













Renault FT17, char en tôle peinte pliée de 44 cm, « Jouet français » (le futur JOUEF), moteur et chenilles en caoutchouc. Eclairage à l’avant. Canon à ressort pour amorces.


B3Renaultpetitensemble B6rx2













Renault FT17 : le même qu’au-dessus en demi-format (22 cm).


B7tracteur B8canon













Canon (32 cm, canon à amorces) et son tracteur d’artillerie (38 cm, moteur, deux phares). Jouet Français.


B93xmark-1 

Trois chars inspirés des Mark 1 à 4 anglais, en tôle peinte et à moteur mécanique.


C4MarkCanC5TireurCan













Char Mark britannique de Louis Marx & C° (NY – USA) avec soldat canadien.


C6MarkRouge

Char Mark britannique produit par Distler (Allemagne) en 1935, copie du précédent.


C7C9moteur 











Char fantaisie, même époque, vraisemblablement allemand.


D1D2FT17chenille 











Renault FT17 en alliage coulé et peint de 8,2 cm, fabriqué en France.


D3ft17 D4ft17













Petits chars FT17 en métal de 6,2 et 6,5 cm (France).


D5automitToleD6automitTole













Automitrailleuse en tôle soudée peinte, canon à ressort, fabrication française.


D7automitPlomb D8canonroues













Gauche : automitrailleuse en métal coulé peint, genre Laffly-White, marquée « France CS ».   

Droite : automitrailleuse (fantaisie) en plomb du début du siècle, canon à ressort.

Posted at 11:28 PM in Historique | Permalink | Comments (0) | TrackBack (0)

Pourquoi un musée virtuel ?

B6rx2 Bienvenue au musée virtuel des chars-jouets en tôle (et assimilés). Un musée consacré à la naissance, au développement puis au déclin de cette catégorie très particulière que sont les chars en tôle (Tin Tank Toys), entre le jouet traditionnel, car il s’agit de jouets mobiles et non pas de maquettes inertes, et les Militaria, dont ces chars jouets ne font pas partie.



8 char fantaisie japonais Ce blog veut simplement offrir aux passionnés du jouet ancien un aperçu sur une production désormais limitée dans le temps, entre 1917, date de l’apparition du char de bataille, et les années soixante-dix, époque où le jouet en tôle traditionnel a pratiquement disparu, avec les moteurs à ressort et autres dispositifs métalliques : l’arrivée de la matière plastique a bouleversé le jouet et cette catégorie en particulier.


C5TireurCan J’ai commencé par photographier et recenser les chars de ma propre collection, dont certains ne sont plus avec moi aujourd’hui car je les ai donnés ou cédés.

Puis j’ai complété avec des collections d’amis, ensuite avec des jouets vus dans des vitrines de magasins ou de musées, puis enfin avec des photos trouvées sur e-bay ou envoyées par collectionneurs pour échanger des informations.

9 - PZ1 TCO 

Pourquoi un blog plutôt qu’un livre ? Parce qu’il n’existe pas de livre exhaustif sur le sujet, pour une raison très simple : dans la catégorie des jouets en tôle, on est parti du jouet artisanal fait à la main pour arriver aux jouets industriels, avec certaines marques mondialement réputées, mais certaines marques ou certains modèles sont restés totalement confidentiels et n’ont pas été répertoriés.


91 Lorraine -1 C’est pour cela que, malgré le fait que la production ait été grosso modo arrêtée de ce type de jouet, sauf dans certains pays d’Asie où survit le jouet en tôle, il en apparaît encore de nouveaux modèles, au gré des ventes, des rencontres avec des collectionneurs, des surprises chez les brocanteurs.



skate 002 Alors, ouvrir ce blog est une façon simple de créer collectivement un musée virtuel : la collection se complètera d’elle-même, sans limitation de temps et d’espace, à mesure des ajouts de documents et des commentaires reçus. Bonne visite, et merci de contribuer à l’enrichir par vos remarques et vos photos.

Posted at 10:20 PM in Historique | Permalink | Comments (0) | TrackBack (0)

  • Tin Tank Toys
  • Powered by TypePad