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Commentaires

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Caro Servan

Je crois que lorsque l' on perd une mère c' est aussi le fait que l' on perd le statut d' enfant de sa mère et c' est aussi ca qui nous déroute, quel que soit l' âge.

Caro

Marie

Bonjour, je suis retombée sur votre site et je n avais jamais lu votre message. Au bout de deux mois. Je vous remercie d'avoir repondu. J avance doucement avec beaucoup d'obstacles mais j avance et c 'est le principal. Etrangement j 'ai l impression que ma mere est là tout pres de moi ,n et je lui parle chaque jour. Ca m'apaise.
Aurevoir,
Marie

Pierre Bayle

@ Marie, et Caro,
Ce lien que vous essayez de renouer toutes les deux, celui de la filiation, c'est celui qui vous permettra - je vous le souhaite - de transmettre à votre tour, plus tard, l'amour maternel. Le "petit garçon de sa maman" a beau grandir, il le restera toujours même s'il devient père à son tour. Ce n'est pas la même chose pour une femme qui a reçu la vie et peut la transmettre à son tour, vous avez un grand privilège sur nous.
Je ne suis pas psy et n'ai aucune compétence pour en parler savamment, mais je crois aussi que la douleur d'un deuil est proportionnelle à l'amour qu'on a reçu : le découvrir, c'est déjà se sentir plus riche d'un héritage affectif. Je me suis rendu compte que j'ai été très aimé par ma mère, et j'ai donc beaucoup d'amour à donner à mon tour. Je finirai sans doute par le découvrir pour mon père aussi, le travail de deuil est long et n'a pas de durée. Bon courage à toutes les deux.

chérifa  aissou

Bjr.j'ai 26ans je suis algérienne. je comprends votre douleur parsceue ça fait 21j que j'ai perdu ma mère dans un accident de voiture et je suis la fille unique sans père ni mère ni frère et sœur je me retrouve pas elle me manque terriblement je ne cesse pas de pleurer

anne-françoise

Bonjour,
Perdue face à la mort annoncée de ma mère, que le cancer ronge, j'ai lu ce que vous avez écrit et la phrase suivante résonne en moi : "L'absence du défunt est compensée par une étonnante présence, comme si la distance quotidienne et habituelle avait été abolie ". Il y aurait tant à dire ...
Merci

pierre

Merci de votre commentaire. Je n'avais aucune vocation philosophique en écrivant à chaud ces quelques lignes après la perte de ma mère, mais les premiers sentiments n'ont pas été démentis par le temps, trois ans après après cette disparition. Ma mère a arrêté d'être "loin", et j'ai arrêté de culpabiliser pour cette distance, ce temps insuffisamment partagé, ou cette difficulté à communiquer. Et finalement, je me rends compte que nous nous sommes dit beaucoup de choses, même si ce n'était pas en paroles, avant son départ. Certains regards me sont très présents et tout ce que nous nous sommes dit sans parler me revient et m'apaise. Et quand je pense à elle, ce qui m'arrive plutôt souvent, ce n'est pas à cette personne diminuée qui en était consciente et en souffrait, mais à cette autre personne intemporelle avec laquelle j'ai traversé tant d'années et qui continuera à m'accompagner dans mon propre parcours.
Cordialement.

MD

Le thème de ce billet est intemporel, universel, et incontournable. Chacun peut comprendre la douleur que vous rapportez. L'étrangeté aussi: lorsque l'on a accompagné, des années durant, un proche dans la souffrance et la déchéance, lorsque ses capacités physiques et intellectuelles ont décliné inexorablement, lorsque les rôles parent - enfant se sont inversés, on en est arrivé, insensiblement, à accepter l'impensable, l'insupportable, l'incompréhensible: la séparation par la mort... avec le sentiment profond, que vous décrivez aussi très bien, d'une culpabilité fondamentale: celle de n'avoir pas tout fait, de n'avoir pas bien fait, mais, aussi, celle d'être toujours vivant, celle de ne pas souffrir - ou du moins pas comme on l'aurait jadis imaginé, étant enfant. Et puis, quelques fulgurances douloureuses lorsque l'on entrevoit la force centripète du néant qui nous aspire. Dans ces moments là, on est tenté de "croire". Pour ma part, j'en arrive à comprendre que croire est une façon de baisser les bras - mais je n'en peux faire le reproche à quiconque...
Cordialement

pierre

Ce commentaire me touche parce qu'il rejoint mon propre questionnement sur la mort. La disparition de parents, c'est aussi le fait de se retrouver en première ligne sur la "ligne de départ", la génération descendante. Et le fait de ne plus avoir quelqu'un à qui téléphoner pour raconter quelque chose d'important, ou pour prendre des nouvelles, ou pour échanger, ou simplement pour vous écouter. Les enfants sont toujours pressés, et je me vois en symétrique de moi-même, redécouvrant de l'autre côté l'impatience de la jeunesse !
L'absence non pas de l'autre mais de soi-même, la famille qui se réduit (en attendant la nouvelle génération) avec la redécouverte du couple, les amis qui disparaissent avant terme, l'incertitude croissante de la maladie, la peur de l'hôpital, c'est un paysage nouveau qui s'installe peu à peu avc des vraies valeurs qui s'imposent.
Pour autant, je ne pense pas que le néant soit une force irrésistible : il n'existe que parce que nous le concevons, c'est comme l'enfer, c'est comme aussi le paradis. Si je poussais la provocation je dirais que Dieu est lui-même une projection de l'homme, mais je ne veux heurter personne et n'ai aucune certitude négative.
Dire enfin que ceux qui croient baissent les bras est peut-être un peu réducteur, j'aimerais avoir la foi de ceux qui se battent le jour où j'en aurai le plus besoin et je ne peux rien affirmer jusque là. En fait le courage moral n'est pas antinomique de la foi, sans être automatiquement lié, mais il est peut-être plus dur encore d'être courageux si l'on n'a pas la foi.

Marie

Je reviens ici et je vois que la discussion continue et que vous n avez laissé personne insensible.
Pour ma part depuis que je vous avais laissé un message j ai continué et appris à tisser un lien nouveau avec ma mère disparue.
Et je crois que malgré tout je m'obstinerais de croire qu'elle est là différement.
C'est aussi une manière de pouvoir "survivre" dans de bonnes conditions. Enfin c'est ainsi que je vois ma situation.

pierre

Bonsoir Marie, merci de ce message qui est très encourageant sur l'utilité du dialogue. Vous redécouvrez ce que j'avais perçu, que la vie continue et que ce n'est pour autant ni l'oubli, ni l'indifférence, mais une façon différente de voir les autres, de passage, et de se voir soi-même, en transition.
Quand on dit que la vie se transmet, ce n'est pas seulement au moment de la naissance. C'est tout ce qui se donne ensuite, tout ce qu'on reçoit, jusqu'au peu d'énergie qu'on se transmet en serrant la main de ses parents, à travers les générations. Il faut juste penser à prolonger la chaîne, à serrer la main de ceux qui suivent. La fidélité se conjugue dans les deux sens, et le souvenir des parents peut s'allonger vers l'avenir. Enfin ça me rassure, par rapport à l'oubli dans lequel je finirai par tomber moi-même un jour, de savoir que j'ai eu une toute petite place dans la longue chaîne, et que nous survivons à travers ceux que nous aimons.

hbs

bsr moi jai la 30aine et je viens juste de perdre ma raison de vivre et je n'arrete de le crier sur touts les toits sauf que personne ne donne raison a ce sentiment de penser qu'on est sans interet au contraire on me reproche d'exagerer alors jai decider dentamer le silence

pierre

Bsr HBS,
Quand on crie c'est pour soi, pas forcément pour les autres. Et il y a des silences tonitruants, quand on crie à l'intérieur de soi. Les sentiments ne se dominent pas forcément mais on finit par les apprivoiser. Bon courage !

ilham

bjr moi j'ai 24 ans j 'ai perdus ma mére ca fait 7 mois c est difficile pour vire sans ma mére toujours jai pleuré et triste c est grave la mort de quelqu'un qui proche mais je ne sais pas je faire quoi

pierre

Ilham,
On ne peut jamais remplacer les absents. Mais on peut s'occuper encore plus de ceux qui sont encore là, c'est la meilleure consolation, et le meilleur hommage à ceux qui sont partis.

C.

Bonjour Pierre, merci pour ce billet. Bonjour aussi, au fil du temps, à ceux qui comme moi découvriront cette page, ou qui y reviendront.

Ma mère est partie il y a maintenant trois semaines.
Dans ce moment, le bonheur dans mon esprit est qu'elle est partie en paix avec ceux qu'elle aimait, l'amour était présent, fort, et il était dit.

Mais que de questions avec cette disparition.

La présence dont vous parlez, je ne sais pas si je la ressens. Je l'ai attendue, espérée, durant la première semaine, mais c'est l'absence que je ressentais.
Aujourd'hui, je me sens fortement petit garçon, comme si elle me disait "lâche ma main et continue tout seul". C'est à travers ce "comme si" que je ressens la présence.

Je ne "crois" pas non plus. Je crois en ce qu'elle m'a transmis, c'est en cela que je la sens présente.

On s'interroge sur le souvenir, le respect, la culpabilité, autant de mots et de sentiments que je retrouve dans les interventions de chacun et qui me réconfortent.

Ma vie me revient aussi, par bribes, j'ai lu quelque part que cela pouvait faire partie du processus de deuil.

La force de l'hommage, je la ressens aussi. Ne pas trahir ce qu'elle a fait de bon pour moi, ni l'amour qui se lisait dans ses yeux quand elle regardait ses enfants et ses petits enfants.

Toutes les interventions de cette page sont précieuses... Encore merci à Pierre et à chacun.

RODRIGUES SILVA AUXILIA

bonjour j'ai perdu maman aujourd'hui 2/9/2010 je vous le dis ça fait très mal depuis 1991 j'ai quitté le Cap vert et n'y suis jamais retournée. Je n'ai jamais pu voir ma mère et ne l'ai eu qu'au téléphone de temps en temps. Je lui envoyais un peu d'argent pour manger et acheter ses médicaments je pensais que c'était bien mais c'était une grande erreur ; la vérité c'est que ma maman avait besoin de ma présence plus que tout au monde. Je n'ai pas pu faire mes devoirs de fille envers sa mère, elle au Cap vert et moi en Belgique, nous étions séparées depuis 1991, 19 ans sans voir ma maman, ce n'est pas de la négligence je me rends compte que c'était une faute grave comme un manque d'amour et pourtant j'aimais ma mère de tout mon coeur. Je voulais savoir ce que c'est la mort d'une mère, j'ai cherché sur google et je suis tombée sur ça et ça m'a fait du bien merci.

Pierre

Chère Auxilia, votre mère a certainement été très fière de vous savoir en Belgique où vous avez pu vous épanouir plus qu'au Cap vert puisque vous avez même pu l'aider. L'émigration n'est pas du tourisme et votre choix n'était qu'une obligation, comme pour des centaines de milliers de migrants contraints à l'exil économique.
Il y a un très beau film qui s'appelle "Va, vis et deviens", sur une mère éthiopienne qui oblige son fils tout petit à s'exiler pour survivre, c'est très émouvant.
Et si vous n'avez pas eu la possibilité de retourner au Cap vert, votre maman l'a certainement compris comme un sacrifice, pas comme de l'indifférence.
Ne portez pas trop de culpabilité sur vous, pensez plutôt à cet amour que votre mère vous a donné et que vous lui gardez - c'est le trésor qu'elle vous a laissé !

RODRIGUES SILVA AUXILIA

je vais vous dire quelque chose : ce qui me donne la force de surmonter tout ça, j'écoute une chanson religieuse qui s'appelle Shilo, elle me donne la force de faire face à la douleur. J'ai beaucoup de choses à dire mais la souffrance c'est dur à exprimer...

RODRIGUES  SILVA AUXILIA

Bonsoir, je viens encore me ressourcer pour parler de la mort de ma maman et de ma souffrance. La mort d'une mère et la souffrance d'une fille c'est très douloureux. La montagne et l'océan nous ont séparées pour l'éternité. J'ai passé vingt ans sans voir mes parents et mon pays natal, c'est dur à surmonter, la culpabilité et la souffrance me rongent, j'ai compris qu'il y a des choses important dans la vie, d'abord sa mère et son père, ensuite ses enfants, et Dieu avant tout. J'ai choisi ma ville avant ma famille, je me rends compte que j'ai mal fait.

Pierre

Je suis mal placé pour donner des conseils, et je ne le souhaite pas. Mais ne vous accablez pas de reproches que votre mère ne nous a peut-être jamais faits, la générosité des parents est toujours plus grande qu'on ne peut imaginer quand ils comprennent que leurs enfants peuvent mieux progresser ailleurs.
Quant à la famille, il n'est pas trop tard pour renouer et partager votre présence et votre amour, ça vous épanouira plus que de vous ronger toute seule d'une culpabilité qui ne vous est pas imposée. Courage, Auxilia !

RODRIGUES  SILVA AUXILIA

Un grand merci Pierre pour ces paroles. Oui, c'est vrai je vais prendre mon courage a deux mains ça ne sert a rien de culpabiliser car la vie ne nous appartient pas, c'est Dieu qui décxide et le destin parfois nous échappe ou nous surprend. Mais il y a les gens qu'on trouve autour de soi, on n'est pas seul et je le sens personnellement. Merci pour vos mots qui m'ont touchée là ou j'avais mal.

nordine

g perdu ma mere le 04novembre 2010 le matin de sa mort gt o cimetière pr raisons professionelles j ss agent municipal ce jours ont devé livrer du matos o cimetière ma mère souffré du diabèthe el est partie a 66ans j peux dire kil ya un avant et un apres la mort de sa maman plus rien a de la valeur a mes yeux.Un aveugle c ce ke c de ne pas voir un orphelin c ce ke c de perdre une maman ou papa dieu merci la foi me permet de soulagé cette peine immense

Pierre

Bonjour Nordine, vous avez un beau prénom que vos parents vous ont offert en cadeau pour les mauvais jour. Nour ed-dine, c'est la lumière de la religion. Exactement ce que vous ressentez quand vous écrivez que la foi vous préserve. C'est aussi un lien avec votre mère, comme une main qu'elle garde serrée.

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