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Amazonie (1) Sandro Pignocchi

AnentPlonger dans une bande dessinée et me retrouver en Amazonie. C’est l’aventure qui m’est arrivée en découvrant “Anent”, une BD qui racontait la découverte d’un village isolé dans l’Amazonie équatorienne. Une histoire sérieuse mais légère, celle du jeune anthropologue Alessandro Pignocchi qui part sur les traces d’un de ses anciens, Philippe Descola, et retrouve trente ans plus tard les personnages décrits dans “Les lances du crépuscule” et leur descendance.

Des indiens Ashuars, de la famille des Jivaros, qui évoluent dans la forme, shorts et T-shirts ayant remplacé pagnes et plumes, mais qui gardent intactes leurs valeurs et l’appartenance à la forêt.

Par chance, et c’est la force de sa BD, Alessandro a été ornithologue avant d’être anthropologue et dessine des oiseaux avec un talent rare. Dessin léger et aquarelle, la luxuriance de la forêt équatoriale apparaît tout en nuances.

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Je l’ai vu peindre des toucans, des mésanges et des perroquets à main levée, lors d’une séance de dédicace dans une librairie parisienne, avec une étonnante maîtrise du pinceau.

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La lecture de ce livre m’a donné une forte envie d’en savoir plus et de découvrir un auteur dont le savoir de l’anthropologue et le talent de l’artiste se complètent d’une bonne dose d’humour décapant, qu’on retrouve sur sa page Facebook. Il ne m’a pas fallu plus de deux rencontres pour me laisser convaincre que derrière la BD, la réalité était fascinante. Sandro m’a parlé de Napurak, le village Jivaro décrit par Descola et qu’il a adopté à tour. C’est un village où les habitants se tournent vers un tourisme limité et centré sur la forêt, comme il l’explique dans une interview à “Equateur expérience”. Un tourisme opposé aux visites organisées où certains villages font des fêtes exotiques, à plumes et à poil, pour satisfaire les touristes en safari photo.

Tope-là, projet lancé, un rendez-vous fixé en août au-delà  du bout de la route, le charter réservé, et ce sont deux mois de préparatifs pour cette improbable plongée dans l’Amazone profonde. La longue file à l’Institut Pasteur et au centre de vaccinations d’Air France pour les rappels de fièvre jaune et de typhoïde, la course pour trouver la moustiquaire imprégnée et les produits anti-moustiques, les bottes en caoutchouc et les chemises manches longues, avec la préoccupation de tous les trekkeurs : limiter le poids du paquetage.

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Préparation culturelle aussi, j’ai lu le pavé de Philippe Descola, beaucoup moins redoutable que je ne le craignais car lui aussi est un anthropologue doté d’humour, puis j’ai courageusement entrepris de lire la Bible de Claude Lévi-Strauss, “Tristes Tropiques”, pour dé couvrir que c’est aussi un récit d’aventures, très visuel et plein de rebondissements. Ce que j’ai apprécié chez ces trois auteurs, et j’inclus évidemment leur benjamin, Pignocchi, c’est le recul qu’ils ont sur leur propre regard et la méfiance envers la figure de “l’explorateur” qui vient découvrir les “sauvages”, bons ou mauvais, du haut de ses certitudes.

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Ce regard en retour sur soi-même, celui que permet l’auto-dérision, c’est ce que Sandro illustre de façon savoureuse sur son blog “Puntish”, du nom des larves qu’on trouve dans le tronc de certains arbres et qui se mangent crues. Le concept superbe c’est qu’il fait intervenir un anthropologue Ashuar qui vient explorer la France et ses curieux habitants avec leurs extravagantes habitudes et leurs comportement irrationnels. Un vrai regard de Candide car, en remontant dans le blog, on retrouve une vision décapante du monde politique français avec des mises en situation baroques mais pleines d’une ironique sagesse amazonienne…

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(à suivre)